Record de visiteurs sur la Côte d’Azur, montée du slow tourisme dans les terres : la Provence intérieure s’affirme comme l’alternative pour qui cherche une autre expérience.
En 2025, la Côte d’Azur et Monaco ont accueilli plus de 12 millions de visiteurs, soit une hausse de l’ordre de 3% par rapport à 2024, d’après l’Observatoire du tourisme de la Côte d’Azur.
Selon ce même bilan, plus de la moitié des touristes sont désormais étrangers, ce qui marque un basculement par rapport à la période pré‑Covid.
Les clientèles internationales ont progressé d’environ 4 à 5% sur un an, tandis que la fréquentation française a légèrement reculé, d’environ 0,3%.
Les marchés américain, britannique et italien figurent parmi les premiers contributeurs étrangers, avec une forte hausse des arrivées en provenance des États‑Unis en 2025.
Les documents « Chiffres clés 2025 » de Côte d’Azur France Tourisme indiquent une durée moyenne de séjour de 5,5 nuits sur la destination, tous hébergements confondus.
Entre juin et septembre 2025, les hôtels affichent des taux d’occupation qui dépassent régulièrement les 80%, selon les baromètres publiés par l’Observatoire.
L’Observatoire estime la dépense moyenne des visiteurs arrivant par avion à plus de 100 euros par jour en 2025, confirmant la montée en gamme de la destination azuréenne.
« La Côte d’Azur a enregistré en 2025 son meilleur niveau de fréquentation depuis plus de dix ans », a déclaré Côte d’Azur France Tourisme dans un communiqué diffusé en janvier 2026.
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Une Provence intérieure mise en avant
Tandis que le littoral azuréen concentre l’essentiel des nuitées internationales, des territoires comme la Provence Occitane, le Luberon, le Verdon ou l’arrière‑pays varois occupent une place croissante dans les campagnes de promotion régionales.
En mars 2026, Provence Tourisme a publié un dossier sur la saison touristique dans les Bouches‑du‑Rhône mettant en avant les marchés de centre‑ville, les expériences de dégustation et les visites guidées dans des villes comme Salon‑de‑Provence, Aix‑en‑Provence ou Arles.
Le plateau de Valensole, dans les Alpes‑de‑Haute‑Provence, est identifié dans les guides touristiques comme l’un des sites emblématiques de la lavande, avec des pics de fréquentation en juin et juillet.
Les offices de tourisme locaux recommandent de répartir les visites de lavande sur plusieurs communes et distilleries pour limiter la pression sur quelques spots surfréquentés.
Dans le Luberon, des itinéraires de voyage organisés combinent villages perchés comme Gordes ou Roussillon, sentiers d’ocre et marchés hebdomadaires, avec des départs de circuits programmés pour l’été 2026 par des voyagistes spécialisés.
« Les voyageurs recherchent un rapport plus direct au territoire, via les marchés, les domaines viticoles et les hébergements en gîtes ou en chambres d’hôtes », a déclaré un responsable de Provence Tourisme lors de la présentation de son schéma de développement.
L’essor du slow tourisme
En octobre 2025, un sujet de TF1 Info consacré au slow tourisme rappelait que ce mode de voyage repose sur des séjours plus longs, moins de déplacements motorisés et une recherche de nature et de déconnexion.
Le ministère chargé du tourisme définit, dans une fiche mise en ligne en 2024, le slow tourisme comme une pratique favorisant les mobilités douces, la découverte de territoires moins fréquentés et la rencontre avec les habitants.
Selon les chiffres cités par TF1 Info, issus de données internes d’Airbnb, 84% des utilisateurs interrogés se disent intéressés par un séjour dans ou près d’une ferme, et les mentions liées à ce type de séjour ont progressé de 300%.
Des guides spécialisés publiés en 2025 et 2026 placent le Luberon et la Provence parmi les principales destinations françaises de slow travel, en raison de la concentration de villages, de marchés et de petits hébergements.
Un guide pratique du site Slowbreak, mis à jour en 2025, recommande le Luberon pour des séjours en vélo électrique, des marchés de producteurs et des visites de domaines viticoles.
« Nous constatons une demande croissante pour des séjours plus longs, sur un périmètre restreint, avec un hébergement fixe et des activités locales », a indiqué un opérateur spécialisé dans le slow travel cité dans ce guide.
Coût de la vie et modèles touristiques
Les comparateurs de budget de voyage indiquent que la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur présente un coût moyen de la vie supérieur à la moyenne française pour l’hébergement et la restauration en 2025.
Ces sites montrent que les prix des hôtels et des locations saisonnières sont particulièrement élevés dans les communes littorales les plus touristiques de la Côte d’Azur, comme Nice, Cannes ou Saint‑Tropez.
À l’inverse, les estimations disponibles suggèrent des tarifs plus modérés pour les gîtes, chambres d’hôtes et locations situés dans des villages de l’intérieur, à niveau de confort comparable, notamment dans le Var intérieur, le Luberon ou les Alpes‑de‑Haute‑Provence.
Côte d’Azur France Tourisme indique, dans ses chiffres‑clés 2025, une progression de la part d’hébergements haut de gamme, en particulier dans les catégories quatre et cinq étoiles du littoral.
Var Tourisme recense 33 hôtels cinq étoiles et 90 hôtels quatre étoiles dans le département en 2025, en soulignant la montée en gamme de l’offre, notamment à Saint‑Tropez, Bandol ou Saint‑Raphaël.
Le document stratégique « Le Var Destination Provence Premium Incontournable en 2026 » cite l’agritourisme, l’œnotourisme, le cyclotourisme et les activités de pleine nature comme axes de développement, aux côtés de cette montée en gamme.
Des plateformes de conseil budgétaire jugent globalement plus accessible, pour un budget moyen, un séjour d’une semaine dans l’arrière‑pays provençal qu’un séjour équivalent sur le littoral azuréen, en raison du niveau des loyers saisonniers et des prix de restauration.
« Nous observons un écart significatif de prix entre les communes littorales très exposées et les villages de l’intérieur, notamment sur les nuitées en saison », a indiqué un spécialiste du budget voyage dans une étude publiée début 2026.
Surtourisme et recherche d’authenticité
Les bilans régionaux publiés en février 2026 confirment que la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur fait partie des destinations les plus fréquentées par les Français, en particulier pour les séjours balnéaires.
Une synthèse de la Dreal Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, mise en ligne en 2024, souligne que la concentration de visiteurs sur certains sites littoraux aggrave les pressions sur les milieux naturels, les ressources en eau et les sols.
En octobre 2025, un article de Nice‑Presse décrit les réflexions d’une commune proche de Nice sur des mesures destinées à encadrer l’afflux de visiteurs, notamment la gestion des flux de randonneurs et la régulation des locations de courte durée.
Les documents régionaux sur la transition écologique recommandent une meilleure répartition des flux touristiques entre littoral et arrière‑pays, ainsi qu’une désaisonnalisation de la fréquentation.
Des reportages publiés en 2026 sur l’arrière‑pays varois décrivent des villages où la fréquentation reste modérée et davantage centrée sur les marchés, les vignobles et les sentiers de randonnée que sur des événements de masse.
« Dans l’arrière‑pays, les gens viennent pour le calme, les rencontres et les produits locaux, pas pour les beach‑clubs », a déclaré un vigneron varois lors d’un événement œnotouristique organisé en 2025.
La marque « Le Var Héritage – Racines épicuriennes », lancée par Var Tourisme pour 2026, met en avant les produits comme la figue de Solliès, la truffe d’Aups, l’huile d’olive ou les AOC viticoles, dans une communication centrée sur les racines et la gastronomie.
Plusieurs analyses de sites de voyages et de médias généralistes établissent un lien entre cette quête d’authenticité et une préférence pour des structures de petite taille, avec un contact direct avec l’habitant.
Un autre usage du voyage
Les offices de tourisme de Provence et des territoires intérieurs mettent en avant des activités combinant randonnées dans les gorges du Verdon, itinéraires dans le parc du Mercantour, baignades en lacs, visites de distilleries de lavande et dégustations chez les vignerons.
Les guides de voyage citent régulièrement les marchés d’Aix‑en‑Provence, de l’Isle‑sur‑la‑Sorgue ou de Saint‑Rémy‑de‑Provence pour la qualité et la diversité de leur offre de produits du terroir.
Une plateforme spécialisée dans le slow travel classe Saint‑Rémy‑de‑Provence parmi les destinations françaises adaptées aux séjours lents, en raison de son patrimoine, de ses marchés et de la possibilité de tout faire à pied.
« Ici, les visiteurs restent plusieurs jours et reviennent souvent au même café ou au même marché », a indiqué un commerçant de Saint‑Rémy interrogé par cette plateforme en 2025.
Des opérateurs de séjours organisent des circuits à vélo, des ateliers culinaires, des stages artisanaux et des vendanges participatives dans le Luberon, le Var intérieur et la Provence Occitane, en partenariat avec des producteurs.
Sur la Côte d’Azur, les programmations 2025‑2026 recensées par Côte d’Azur France Tourisme restent dominées par des événements urbains et balnéaires de grande envergure, comme des festivals de musique, des expositions et des manifestations sportives.
Transitions et tensions dans les territoires intérieurs
Un rapport publié en mars 2024 par la Dreal Provence‑Alpes‑Côte d’Azur sur le tourisme et la transition écologique alerte sur la multiplication des épisodes de sécheresse et le risque accru d’incendies, y compris dans les massifs de Provence intérieure.
Les schémas de développement touristique élaborés pour la Provence et le Var accordent une place importante à la limitation de l’artificialisation des sols, à la préservation des terres agricoles et à la gestion de la ressource en eau.
Var Tourisme recense environ 440 domaines viticoles et met en avant les exploitations engagées dans l’agritourisme comme acteurs clés de l’économie touristique rurale.
Les documents régionaux notent parallèlement la montée des locations de courte durée et des résidences secondaires, qui pèsent sur le marché du logement dans les communes touristiques, y compris dans certains villages de l’intérieur.