Le Vaucluse, Marseille et Aix misent sur TER, bus ZOU! et voies vertes pour accueillir les touristes sans voiture, malgré des horaires rares vers certains villages.
En 2024, la SNCF commercialise des liaisons TGV quotidiennes entre Paris et Avignon-TGV, ainsi qu’entre Paris et Marseille-Saint-Charles, avec des temps de parcours d’environ 3 heures pour Avignon et de 3 heures à 3 h 30 pour Marseille. La gare d’Avignon-TGV est reliée à Avignon-Centre par des TER de la ligne 9 bis, qui dessert ensuite Carpentras et Sorgues–Châteauneuf-du-Pape.
Marseille-Saint-Charles reste la principale gare de la région Sud, avec un réseau d’environ 1 000 kilomètres de lignes TER, pour près de 35 millions de voyages annuels en TER et 17 millions en cars régionaux. Des itinéraires sans voiture publiés en ligne utilisent Avignon-Centre comme base de départ, en enchaînant les TER vers L’Isle-sur-la-Sorgue, Cavaillon, Tarascon, Nîmes ou Montpellier pour explorer les Alpilles, la Camargue ou les bords de Sorgue.
La marque ZOU!, lancée en 2018, regroupe environ 700 TER quotidiens, près de 200 lignes de bus interurbains, 650 circuits scolaires, environ 1 700 bus et 5 000 points d’arrêt routiers, pour un total d’environ 40 millions de voyages en TER et 17 millions en cars chaque année. Aix-en-Provence est desservie à la fois par la gare TGV d’Aix-en-Provence, située à une quinzaine de kilomètres du centre, et par la gare d’Aix-en-Provence-Ville, reliée à Marseille et à la vallée de la Durance par des TER régionaux.
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Avignon, tête de pont d’un Vaucluse sans voiture
Le 29 mai 2024, un itinéraire de quatre jours testé au départ d’Avignon a été mis en ligne par l’office de tourisme départemental, avec un départ en TER de la ligne 9 bis vers Carpentras et une option de location de vélos classiques ou à assistance électrique près de la gare d’Avignon-Centre. Le parcours décrit la possibilité d’embarquer les vélos à bord du TER jusqu’à Carpentras, puis de suivre la voie verte de la Via Venaissia aménagée sur une ancienne emprise ferroviaire.
L’itinéraire propose ensuite de rejoindre des villages comme Beaumes-de-Venise, Lafare, Suzette et Le Barroux, situés au pied des Dentelles de Montmirail, avec des distances en vélo de quelques kilomètres entre les différents points d’étape. Le dossier mentionne notamment des hébergements chez des vignerons, comme le Mas l’Evajade à Beaumes-de-Venise, et renvoie vers le portail « Provence à vélo », qui recense les boucles cyclables départementales.
Le parcours se poursuit ensuite vers la vallée du Rhône, en utilisant des tronçons de la ViaRhôna pour rejoindre la gare de Sorgues–Châteauneuf-du-Pape, avant un retour en TER sur Avignon en fin de journée. En janvier 2025, Vaucluse Provence Attractivité a publié un bilan faisant état d’environ 22,3 millions de nuitées touristiques en 2024, en légère hausse par rapport à 2023, pour un département d’environ 565 000 habitants.
Les itinéraires sans voiture autour d’Avignon restent néanmoins fortement dépendants de la saison : les lignes de bus vers le Luberon et les villages perchés voient leurs fréquences baisser le dimanche et en dehors de l’été. Des guides de voyage publiés en ligne insistent sur la nécessité de vérifier précisément les horaires de car, par exemple pour rejoindre Saint-Rémy-de-Provence, commune d’environ 10 000 habitants située à 25 kilomètres d’Avignon, accessible uniquement par autocar depuis la gare.
Marseille et Aix misent sur bus et BHNS
Depuis 2016, la métropole Aix–Marseille–Provence exploite un bus à haut niveau de service (BHNS) baptisé Zenibus autour de l’aéroport Marseille-Provence, qui relie notamment Vitrolles, Marignane, Saint-Victoret et Les Pennes-Mirabeau. En 2021, la métropole a décidé d’étendre ce dispositif en créant deux lignes ZEN A et ZEN B, et a annoncé le 4 janvier 2026 la mise en service de ces lignes prolongées vers la zone de Plan de Campagne et le technoparc des Florides à Marignane.
Les documents de présentation du projet indiquent que ZEN A et ZEN B représentent environ 12,3 kilomètres d’itinéraire, 22 stations et un objectif de 13 000 voyageurs par jour, contre environ 8 000 voyageurs quotidiens pour la liaison initiale. Une flotte de bus au gaz naturel de ville a été retenue, avec une capacité d’un peu plus de 100 places par véhicule pour absorber les flux domicile-travail et les déplacements de loisirs.
En novembre 2025, la métropole a mis en avant parmi ses nouveautés la prolongation des lignes Zenibus, le renforcement de plusieurs lignes de bus périurbaines et la création de nouvelles liaisons dites « Zen » dans des communes comme Vitrolles. La Régie des transports métropolitains (RTM), dans son rapport 2024, rappelle qu’elle exploite deux lignes de métro, trois lignes de tramway et plus d’une centaine de lignes de bus, pour plus de 160 millions de voyages annuels sur le périmètre marseillais.
Pour les visiteurs, les dossiers de presse touristiques de 2025 détaillent les combinaisons de bus, tram et métro pour rejoindre le Mucem, Notre-Dame-de-la-Garde, les plages du Prado et les points de départ des sentiers des calanques. Plusieurs sites de voyage publiés en 2024 décrivent un enchaînement type sans voiture : TER depuis Marseille-Saint-Charles jusqu’à Cassis, puis navette locale vers le centre et le parking des Gorguettes, devenue l’une des portes d’entrée officielles vers les sentiers des calanques.
Autour d’Aix, le réseau Aixenbus, intégré à la marque La Métropole Mobilité, relie Aix à des communes comme Éguilles, Le Tholonet, Venelles ou Saint-Marc-Jaumegarde. En 2023, un article consacré à la zone d’activité du Pays d’Aix décrivait encore des temps de trajet jugés longs et des correspondances mal adaptées aux horaires de travail, malgré les annonces de renforcement de l’offre.
Des axes ferroviaires denses et des territoires peu desservis
En mars 2024, une synthèse de l’administration régionale de l’environnement indique que le tourisme pèse autour de 20 milliards d’euros par an en Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour environ 143 000 emplois et une contribution de l’ordre de 13% au produit intérieur brut régional. Un dossier régional de 2024 sur les transports mentionne 1 000 kilomètres de lignes TER exploitées, 35 millions de voyages annuels sur ces TER, 17 millions dans les cars ZOU!, 1 million sur les lignes express régionales et 400 000 sur les Chemins de fer de Provence.
Sur le littoral Marseille–Toulon–Nice, la Région Sud a confié à Transdev, sous la marque « Trains ZOU! Intervilles », une partie des liaisons omnibus et semi-directes entre Marseille et Nice à partir de 2025, en complément des TER opérés par SNCF Voyageurs et des TGV. Des passionnés de transport qui compilent les grilles horaires 2025-2026 recensent, pour la section Les Arcs-Draguignan–Toulon, jusqu’à 35 trains TER par jour et une quinzaine de trains Intervilles, soit près d’une soixantaine de circulations régionales quotidiennes.
Dans les vallées intérieures, la ligne Aix–Manosque–Briançon assure une desserte le long de la Durance, tandis que la vallée du Rhône relie Avignon à Orange et Valence. À l’inverse, plusieurs études territoriales réalisées entre 2018 et 2023 pour le département de Vaucluse décrivent des communes du Luberon, du haut Vaucluse et des collines aixoises dépourvues de desserte ferroviaire et dépendantes de cars interurbains ou de la voiture pour accéder aux services.
Un bilan départemental 2018-2023 pour le Vaucluse indique que 30% des communes se situent à moins de 7 minutes en voiture d’un pôle intermédiaire et 50% entre 7 et 15 minutes, sans équivalent régulier en transport collectif pour ces distances. La synthèse régionale de mars 2024 sur tourisme et écologie rappelle aussi que l’accès automobile participe à la saturation de sites naturels comme les gorges du Verdon, les Calanques et certains massifs, et que les collectivités cherchent à limiter ce phénomène en renforçant les alternatives rail–bus–vélo.
Offices de tourisme et collectivités ajustent leurs offres
Depuis 2024, le site de presse de Provence Guide consacre une rubrique aux séjours « sans voiture », avec des propositions de circuits en quatre jours autour d’Avignon, du Ventoux, des Dentelles, de la ViaRhôna et de L’Isle-sur-la-Sorgue. Le dossier « Le Vaucluse sans voiture » fournit des horaires types de TER, liste des loueurs de vélos près des gares et détaille les distances à parcourir à vélo entre gares, villages et domaines viticoles.
En septembre 2024, Vaucluse Provence Attractivité a communiqué sur une saison estivale marquée par 16,4 millions de nuitées entre juin et septembre, en hausse d’environ 4% par rapport à l’été 2023, avec 42% de clientèle étrangère. En janvier 2025, la même structure a évoqué une stabilisation autour de 22,3 millions de nuitées pour l’ensemble de l’année 2024, réparties à parts proches de l’égalité entre visiteurs français et étrangers.
En octobre 2024, la Région Sud a présenté un projet de nouvelle application et d’un nouveau site ZOU! à lancer en 2025, pour un investissement d’environ 40 millions d’euros et un coût de fonctionnement de 15 millions d’euros par an, afin d’unifier l’information voyageurs et la billettique des trains et des cars. La synthèse environnementale de mars 2024 met en avant le développement des véloroutes régionales, notamment la ViaRhôna et la Via Venaissia, pour étaler la fréquentation au-delà des mois d’été et faciliter les séjours sans voiture.
Vélos, autopartage et taxis pour le dernier kilomètre
Le guide « Le Vaucluse sans voiture » encourage explicitement la location de vélos ou de VAE à la gare d’Avignon-Centre, le transport des vélos à bord des TER de la ligne 9 bis, puis le recours aux voies vertes Via Venaissia et ViaRhôna pour rejoindre villages et hébergements. Le portail « Provence à vélo », mis à jour en 2025, recense environ 160 kilomètres de véloroutes dans le département de Vaucluse, structurées en trois grands itinéraires, et mentionne le réseau ZOU! comme partenaire des cyclotouristes.
Lors d’une conférence en octobre 2024, la Région Sud a indiqué que 11 lignes de cars ZOU! disposaient de porte-vélos, en particulier vers des destinations de montagne et de littoral, sans préciser la part de fréquentation touristique. Des services d’autopartage comme TOTEM mobi à Marseille, cités par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, proposent des véhicules électriques en libre-service réservables via une application, utilisés autant par les habitants que par des visiteurs.
Des plateformes de covoiturage, soutenues par l’État via des primes au covoiturage et par plusieurs collectivités, sont également mises en avant comme solution alternative lors des grèves ou des perturbations dans les transports collectifs. Des forums de voyageurs et des blogs de randonnée décrivent fréquemment le recours aux taxis ou aux VTC pour relier des gares comme Avignon, Carpentras ou Manosque à des gîtes situés à plusieurs kilomètres, faute de bus cadencés sur ces tronçons courts.
Les dernières données socio-économiques consolidées par le département de Vaucluse indiquent un taux de pauvreté d’environ 19,7% sur le territoire, avec des niveaux supérieurs à 50% dans certains quartiers prioritaires, ce qui pose la question du coût réel d’un séjour sans voiture lorsqu’il implique plusieurs trajets en taxi.
Une recomposition incomplète des mobilités touristiques
Le dossier de « mises au point sur les transports régionaux » publié le 9 octobre 2024 par la Région Sud confirme l’exploitation d’environ 1 000 kilomètres de lignes TER, 700 TER quotidiens, 35 millions de voyages annuels en TER et 17 millions en cars ZOU!, et évoque la préparation de quatre services express régionaux métropolitains autour d’Avignon, Aix–Marseille, Nice et Toulon. Lors de cette séquence, le président de région Renaud Muselier a indiqué que les 1 700 bus du réseau ZOU! gérés par quelque 90 transporteurs devaient être progressivement convertis à des motorisations moins émettrices d’ici 2028.
Une étude prospective publiée sur une archive scientifique en ligne par des chercheurs d’Aix-Marseille décrit le poids des déplacements en voiture pour les loisirs et les vacances dans la région, y compris chez les habitants des grandes agglomérations, malgré le renforcement des axes ferroviaires du littoral, du Rhône et de la Durance. La synthèse environnementale de mars 2024 sur tourisme et écologie évoque la mise en place de quotas d’accès et de réservations dans le parc national des Calanques, accompagnés d’un renforcement des bus et des navettes maritimes à certaines périodes.
Les chiffres publiés par Vaucluse Provence Attractivité en septembre 2024 indiquent 16,4 millions de nuitées estivales, dont 42% réalisées par des visiteurs étrangers, et une progression globale de 4% par rapport à l’été précédent. Le bilan de janvier 2025 confirme une année 2024 stable à 22,3 millions de nuitées, dans un département de 565 000 habitants, ce qui traduit un rapport important entre population permanente et flux touristiques.
En 2026, un voyageur qui arrive en TGV à Avignon, Marseille ou Aix peut rejoindre en train ou en car plusieurs dizaines de destinations majeures, de la Côte Bleue au Ventoux, mais doit accepter des horaires parfois espacés, des correspondances multiples et, souvent, un dernier tronçon en vélo, en autopartage ou en taxi. Les documents récents de la Région Sud, de la métropole Aix–Marseille–Provence, des administrations de l’environnement et des offices de tourisme décrivent une montée progressive des alternatives à la voiture individuelle, sans que l’ensemble des villages et des hébergements ruraux de Provence soient aujourd’hui facilement accessibles à un visiteur venu uniquement en train ou en bus.