À Vernet-les-Bains, l’Hôtel Princess fait de la résistance. Résistance au temps, aux tendances, aux grands groupes. Depuis 1987, cet établissement familial de 38 chambres, niché à quelques mètres des thermes, reste un point d’ancrage pour une clientèle fidèle, majoritairement curiste. En 2026, il continue de s’adapter, à son rythme, dans une station qui change de visage.
Dirigé par M. et Mme Brun, l’Hôtel Princess se tient à distance des logiques industrielles. Pas de robots à l’accueil, pas de design aseptisé. Mais des chambres rénovées, du double vitrage, du wifi gratuit, des ventilateurs de plafond. La literie est confortable, les télévisions diffusent des chaînes internationales. Trois étoiles au compteur, dans un village de 1 500 habitants.
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Les tarifs sont ajustés à la clientèle curiste : entre 69 et 175 euros selon la chambre, avec demi-pension à 31,50 euros. Réduction de 10% pour les cures longues. Le restaurant est ouvert à tous. L’hôtel propose un garage à motos, un local à vélos sécurisé, des paniers pique-nique, un plateau petit-déjeuner pour les lèves-tôt. Et un label « Valeurs Parc Naturel Régional » en vitrine, comme ancrage dans le territoire.
2026 marque une pause dans les inquiétudes. Le déremboursement des cures s’éloigne, mais le modèle économique reste fragile. Le groupe ValVital, qui a racheté les thermes en 2023, étend sa toile : résidence de studios, chambres, hôtel intégré. À Vernet, 2 660 curistes en 2022. Une petite station, loin des 19 000 d’Amélie-les-Bains. Le thermoludisme gagne du terrain. Mini-cures et spas attirent une nouvelle clientèle, plus jeune, plus dépensière.
Pression Règlementaire et Marché Tendu
L’étiquetage environnemental devient obligatoire. Entre 200 et 1 000 données à compiler pour obtenir une note. À cela s’ajoutent les hausses de coûts : énergie, alimentation, salaires. Les petits établissements souffrent. Le haut de gamme progresse, les établissements économiques déclinent. Le Princess doit faire le lien.
Les Pyrénées-Orientales tiennent bon. 30 millions de nuitées par an, des stations qui reprennent des couleurs. Vernet-les-Bains, en retrait de la côte, profite d’une quête de fraîcheur et de calme. Le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes mise sur la Géotraverse, itinéraire de 250 kilomètres pour randonneurs sensibles à l’histoire des paysages. Les profils évoluent : télétravailleurs, sportifs, amateurs de nature.
Un Hôtel Coincé Entre Deux Mondes
Face à l’Hôtel Les Sources, intégré aux thermes, et aux établissements haut de gamme qui poussent dans la région, le Princess défend sa position moyenne gamme. Pas simple. Les chaînes ont les moyens, les indépendants encaissent. Sept mois d’ouverture, douze mois de charges. Et une dépendance historique aux curistes conventionnés.
Une vraie ambiance familiale. Une situation centrale, mais tranquille. Une offre souple : motos, vélos, randonnées. Des prix accessibles. De quoi attirer les curistes, mais aussi les touristes actifs, les randonneurs de la Géotraverse, les télétravailleurs en quête d’air pur.