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Pourquoi Gordes reste l’un des plus beaux villages de France

05/01/2026

Entre pierres sèches et lumière d’artistes, Gordes fascine par son histoire et son attractivité culturelle.

Perché à 340 mètres d’altitude sur un promontoire rocheux des Monts de Vaucluse, Gordes tient la plaine et la vallée du Calavon sous son regard. Le village fait face à la montagne du Luberon et déroule, d’un seul bloc, un panorama spectaculaire. Il s’inscrit dans la lignée des « nids d’aigles », ces implantations nées au Vème siècle, lorsque les populations regagnaient les points culminants pour se protéger des raids barbares.

Le château, vigie de Provence depuis 1031

Le bourg prend réellement son essor à partir du XIème siècle, organisé autour de son château fort. Conçu dès 1031 pour protéger une jonction stratégique avec le plateau, l’édifice devient, au fil des siècles, l’une des vigies incontournables de la Provence. Le village en porte encore la trace : murailles imposantes, hautes bâtisses accrochées au bord du précipice, ruelles étroites et tortueuses. Rien d’un caprice décoratif : ces passages ont aussi été pensés pour permettre aux habitants d’échapper aux assauts du Mistral.
Classé Monument Historique en 1931, le château connaît sa plus grande transformation à la Renaissance. Bertrand Rambaud de Simiane, membre de la puissante famille d’Agoult-Simiane — qui règne sur les lieux pendant près de 7 siècles — remanie et agrandit l’édifice au XVIème siècle, lui donnant l’imposant style qui s’est imposé jusqu’à aujourd’hui.

Sous la carte postale, l’économie au travail

Sous la silhouette parfaite, une histoire de travail. Pendant des siècles, l’économie gordienne repose sur une agriculture dominée par les oliviers, les figuiers et les amandiers, et sur l’élevage des vers à soie. L’artisanat local suit, dense et vivant : filatures de soie, tanneries, tissage de la laine, activité de cordonnerie importante.
Le sous-sol, lui aussi, est mis à contribution. Plusieurs carrières permettent l’extraction du fer, du charbon et du soufre. Cette prospérité se brise à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, sous le choc d’une série d’épreuves : tremblements de terre successifs, mutations industrielles, maladies agricoles, pertes de la Grande Guerre, puis grand gel de 1956. Le résultat est net : un déclin massif de la population au profit des villes voisines.

Lumière, artistes, cinéma : Gordes en mouvement

Dans les années 1950, le destin de Gordes bascule de nouveau. Des artistes, attirés par une lumière particulière et le silence des ruines, choisissent d’y revenir et de redonner vie au village. Marc Chagall y trouve refuge pendant la Seconde Guerre mondiale. Suivent Jean Deyrolle, Poliakoff, Vasarely, Dewasne. Le château accompagne ce renouveau : il devient un centre culturel majeur, abritant le musée de Vasarely de 1971 à 1996, puis les œuvres de Pol Mara jusqu’en 2011.
Cette aura artistique ouvre aussi la porte au cinéma. Gordes sert de décor naturel à des films devenus populaires : L’Été meurtrier, Gazon Maudit, Une grande année, Les Vacances de Mr. Bean.
Le tourisme international est désormais le moteur principal de l’économie locale, relayé par de nombreuses galeries d’art et un artisanat traditionnel de qualité, comme les figurines de crèche et les tissus tissés. À quatre kilomètres du centre, l’Abbaye de Sénanque — monastère cistercien fondé en 1148 — s’impose comme une visite évidente. Autre curiosité : le « Village des Bories », ensemble de maisons de bergers en pierres sèches restauré à la fin des années 1970.
Dans le haut du village, après l’église Saint-Firmin ou l’Hôtel Simiane, restent les places ombragées, les restaurants et les commerces : le cœur battant de Gordes, au quotidien.

A propos de l'auteur
Florence Thomas

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