Accroché à un promontoire surplombant la Garonne, Auvillar s’affiche toujours parmi les « Plus Beaux Villages de France ». Une étiquette bien connue. Mais derrière l’image, un musée. Discret, peu connu au-delà des frontières régionales, mais singulier : le Musée du Vieil Auvillar. Il porte depuis 2003 le label « Musée de France ».
Un musée né d’une blessure d’orgueil
Tout part d’un article dans L’Illustration, en 1929. Auvillar y est dépeint comme un village en ruine, oublié, déserté. Les habitants n’apprécient pas. Ils réagissent. En quelques mois, ils fondent une association – les Amis du Vieil Auvillar – et un musée. Les objets arrivent des greniers, des ateliers, des maisons. Faïences, maquettes, outils, instruments, tout ce qui raconte une vie locale. Depuis, l’association gère toujours l’établissement, et organise des visites commentées.
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Une faïence au rayonnement oublié
Le cœur du musée, ce sont les faïences. Plus de 400 pièces, toutes authentiques, produites à Auvillar entre le XVIIIe et le début du XXe siècle. Une activité qui a fait vivre le village pendant près de 170 ans. Jusqu’à 20 fabriques ont fonctionné simultanément. Les noms défilent : Turcas, Dubourdieu, Ducros, Gaillard, Serres, Labau. Cette dernière ferme en 1909.
En 1840, les ateliers produisent 182 000 douzaines d’assiettes. Une production massive, distribuée dans tout le Sud-Ouest, jusqu’en Bretagne. Le style est reconnaissable : fleurs polychromes, contours bleus, dessins à la main. Une céramique solide, utilitaire, mais travaillée.
Une batellerie aujourd’hui disparue
Autre pilier du musée : la batellerie. Le port d’Auvillar fut longtemps un point de passage actif sur la Garonne. Le premier péage fluvial est documenté dès 1204. Au XIXe siècle, 3 000 bateaux y transitent chaque année. En 1789, on recense 49 familles de mariniers.
Le musée restitue cette mémoire avec un système de diffusion sonore, des maquettes, des ex-votos. La chapelle Sainte-Catherine, patronne des bateliers, reste le témoin de cette histoire.
La plume d’oie, un artisanat de niche
Auvillar a aussi vécu de la plume. Pas de celle des écrivains, mais de l’objet. Au XVIIIe siècle, le village exporte des centaines de milliers de plumes d’oie à écrire, jusqu’au Levant. Chaque plume est trempée, clarifiée, taillée à la main. Un travail minutieux.
En 1789, 9 millions de plumes sortent d’Auvillar. Une industrie presque unique en France, rendue possible par la densité des élevages. La concurrence anglaise met fin à l’activité : la plume métallique s’impose au XIXe siècle.
Horaires et tarifs
Le musée est ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 14h30 à 18h30 entre le 15 avril et le 15 octobre. En basse saison, uniquement les week-ends de 14h30 à 17h30. Fermeture annuelle en décembre et janvier, sauf sur rendez-vous pour les groupes.
Entrée : 3 €. Gratuit pour les moins de 12 ans. Visites guidées : 5 € par personne pour des groupes de 10 minimum. Durée : entre 1h30 et 2 heures.
Le musée détient deux labels : « Musée de France » depuis 2003 et « Qualité Tourisme Occitanie Sud de France ».
Un village qui ne manque pas d’atouts patrimoniaux
La visite ne s’arrête pas au musée. La halle circulaire, classée monument historique, reste le symbole du village. Construite en 1830, elle porte encore les noms des céréales jadis vendues ici. La Tour de l’Horloge – elle aussi classée – abrite une partie du musée de la Batellerie.
L’église Saint-Pierre combine roman et gothique. Son arc triomphal du chœur, du XVe siècle, repose sur des colonnes romanes. L’édifice est lié à Bertrand de Goth, devenu le pape Clément V.
Auvillar est aussi une étape du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur la Via Podiensis. Le village accueille les pèlerins d’avril à mi-octobre, avec un gîte communal (16 à 18 places) et plusieurs hébergements privés.
Agenda 2026
– 24 janvier : Assemblée générale des Amis du Vieil Auvillar à 14h30, salle des fêtes.
– Jusqu’au 5 avril : expo photo Un dimanche de Saint-Noé, signée Jean-Michel Potier, à l’Office de Tourisme.
– 14-15 juin : Fête de la Saint-Noé, hommage viticole organisé par l’association éponyme.
– Octobre : 33e édition du Marché des potiers. En 2025, une soixantaine de céramistes y ont participé.
Restaurants et hébergements
Restaurants :
– Hôtel-Restaurant de la Tour (05 63 04 20 85)
– Le Petit Palais (05 63 29 13 17)
– Le Cap du Pech (06 09 39 22 19)
– L’Al Dente
– Le Bistrot du Coin
Hébergements :
– Gîte / chambres d’hôtes Place du Château : 15 personnes, à partir de 28 € par nuit
– Chambres d’Hôtes de Marchet, à 450 m du centre
– Autres chambres labellisées Gîtes de France
Comment venir
En voiture : A62 sortie n°8 Valence d’Agen, puis 5 km. Route D813 (Agen-Bordeaux).
En train : gares de Valence d’Agen (5,5 km) et Moissac (20 km, Toulouse en 50 min, Paris en 4h).
En bus : lignes liO 801, 803, 807.
En avion : aéroport de Toulouse-Blagnac à 70 km.
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