Ski, gastronomie, mobilités douces : les stations de l’Oisans réinventent l’expérience hivernale.
En Oisans, la saison 2025-2026 confirme le virage engagé depuis plusieurs années. La montagne ne se résume plus à un décor de carte postale. Elle devient un territoire habité, traversé par des dynamiques sociales, économiques et culturelles. Le tourisme s’écrit à l’échelle des villages. Des jeunes s’installent, rouvrent des auberges, lancent des restaurants, transforment d’anciens établissements en lieux de vie.
À Clavans-en-Haut-Oisans, une Française et un Néerlandais de 20 ans ont relancé l’Auberge du Savel avec une cuisine alpine européenne, du Tyrol à l’Italie. À Villard-Reymond, deux ingénieurs civils reconvertis ont transformé une ancienne école en auberge. À Vaujany, une résidence de tourisme historique a été entièrement restructurée, combinant hébergements spacieux et services bien-être. Le confort s’inscrit dans une logique durable, pensée pour l’environnement et la vie locale.
Le ski n’est plus seul en piste
Le ski reste central. Mais il ne dicte plus à lui seul les usages. L’Oisans mise sur un équilibre : grandes descentes comme la Sarenne à l’Alpe d’Huez ou les 2 300 mètres de dénivelé des 2 Alpes, et pratiques plus lentes.
À la Meije, l’espace nordique propose une patinoire naturelle. Le bivouac hivernal progresse, en particulier au pied du Taillefer, avec construction d’igloos et repas sous les étoiles. À Auris, le yooner – version moderne du paret – attire les ados. À Oz 3300, les plus petits glissent en draisienne des neiges.
Pour les randonneurs, les pistes piétonnes comme celle de l’Alpette, à 2 100 mètres, permettent des échappées silencieuses. Dans la forêt du Piégut, un sentier raquettes traverse l’un des plus hauts massifs d’épicéas d’Europe. Des panneaux pédagogiques ponctuent la marche.
Des stations qui s’ajustent
Les stations ne renient pas leur passé. Elles s’adaptent. Le projet « Altitude 3300 », en cours jusqu’en 2030, restructure les liaisons de l’Espace Alpe d’Huez. Cet hiver, Oz 3300 inaugure une nouvelle télécabine dix places. Plus rapide, plus silencieuse. À l’Alpe d’Huez, les cabines du Pic Blanc sont renouvelées. Les anciens équipements sont recyclés. Ces transformations restent discrètes. Mais elles traduisent une volonté : gagner en cohérence, en sobriété, en qualité.
Les mobilités évoluent aussi. Navettes gratuites, ascenseurs valléens comme l’Eau d’Olle Express, liaisons inter-villages : l’objectif est clair, réduire la place de la voiture. À Allemond ou Venosc, les vacanciers accèdent aux pistes sans leur véhicule. Le flux laisse place à un maillage souple, pensé pour tous les usagers.
Quand la nuit rallume les villages
Le soir, l’Oisans ne s’éteint pas. À Venosc, les veillées du jeudi rassemblent habitants et visiteurs autour de balades aux flambeaux, contes et artisanat. À Allemond, les marchés nocturnes mêlent concerts, restauration et producteurs locaux sous chapiteau. Ailleurs, la convivialité prend d’autres formes. Soirées trappeur à Auris, autour du feu. Dîners à thème dans une ancienne épicerie à Mizoën. Rencontres musicales à l’Auberge de La Garde tous les quinze jours.
La gastronomie aussi évolue. Aux 2 Alpes, un service de livraison sur les pistes propose des plats chauds dans des contenants réutilisables. À Allemond, un ancien animateur télé devenu restaurateur ne travaille qu’en circuit court. À Oz Village, une auberge végétarienne propose une cuisine simple, chaleureuse. Ces lieux ne nourrissent pas seulement. Ils racontent une autre manière de vivre.