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Combien coûte une place en camping en 2026 ?

11/01/2026

Les tarifs du camping en France explosent en 2026, entre standing haut de gamme et options toujours plus coûteuses.

C’est la question qui hante les vacanciers comme les professionnels du secteur. Et la réponse, en 2026, n’a jamais été aussi éclatée. Entre le campeur à la canadienne sur un terrain nu et la famille en lodge climatisé avec spa privatif, l’écart est devenu abyssal. Reste un point fixe : le camping reste, en France, le premier hébergement touristique marchand, avec 30 millions de campeurs et plus de 7 400 établissements recensés. Mais derrière la vitrine, les prix traduisent une mutation en profondeur.

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À quoi s’attendre pour une simple nuit sous la tente ?

Un emplacement nu pour deux personnes avec électricité se négocie en moyenne à 30,10 € la nuit en haute saison. Une moyenne trompeuse. Un camping non classé facturera à peine 16 €, quand un trois étoiles – la catégorie la plus fréquente – tourne autour de 28 €. Le haut du panier, les cinq étoiles, franchit la barre des 60 €, soit 10 € de plus qu’en 2019. Autrement dit, la nuit sous la toile n’a plus rien d’un retour à la simplicité.

Les écarts ne s’arrêtent pas là. Le Camping Esplanade propose un forfait de base à 48 € en haute saison, contre 30 € au printemps. Sur l’île d’Oléron, le même service s’achète entre 18,60 € et 35,50 €. Dans le Périgord, c’est 22 € au printemps, 32 € en plein été. Une amplitude de 30 à 50 % entre basse et haute saison, accentuée par les stratégies commerciales : early booking (jusqu’à -30 %), cartes de réduction type ACSI, tarification dynamique calquée sur les pratiques des compagnies aériennes. Environ 15 à 20 % des campings ajustent désormais leurs prix en temps réel selon la demande.

Mobil-homes : la maison (presque) comme à la maison

L’emplacement nu attire encore, mais c’est le mobil-home qui fait tourner les caisses. Il représente 60 % du chiffre d’affaires des campings. Une semaine pour quatre ou cinq personnes en mobil-home standard coûte en moyenne 970 € en haute saison. Là encore, les écarts sont vertigineux : de 336 € pour un une étoile à plus de 2 200 € pour un cinq étoiles. Les trois étoiles, majorité du parc, se situent à 729 € la semaine. Homair vend ses séjours entre 217 € et 483 €, Siblu commence à 476 €, La Bonne Anse Plage monte à 714 €. Le Vieux Port, dans les Landes, va de 192 € à 625 € selon la formule.

Les mobil-homes se déclinent en Standard, Confort, Premium, Exclusive. Le standing influe sur la taille (35 à 42 m²), les équipements (climatisation, TV, wifi, lave-vaisselle) et les services inclus (linge, ménage, etc.). Le haut de gamme s’installe, porté par une clientèle qui assume de payer plus pour des prestations plus proches de l’hôtellerie classique.

Les bons coins coûtent plus cher

Le facteur géographique reste déterminant. Sur la Méditerranée, les tarifs grimpent : 45,10 € la nuit dans l’Hérault, 44,30 € dans le Var. Sur la façade Atlantique, l’île d’Oléron affiche 44,84 €, l’île de Ré 44,57 €, contre 29,40 € sur le continent. Ailleurs, les Pyrénées-Atlantiques (40,40 €), la Gironde (38,48 €) ou les Landes (34,20 €) tiennent le haut du pavé. À l’inverse, l’intérieur des terres reste plus accessible : moins de 15,50 € dans l’Eure-et-Loir ou l’Indre, autour de 17,50 € dans l’Yonne ou l’Orne.

Un camping avec piscine coûte en moyenne 50 % plus cher qu’un sans. Dans un trois étoiles, cela se traduit par 30 € contre 23,86 €. L’explication est simple : investissement lourd, entretien coûteux, forte demande, en particulier des familles.

Les tarifs affichés ne disent pas tout. Les frais de dossier vont de 9 à 15 €, la taxe de séjour de 0,20 € à 0,60 € par nuit et par personne selon le classement. S’ajoutent parfois des taxes régionales ou départementales. Pour les mobil-homes, les suppléments sont nombreux : kit de draps (14 à 28 €), ménage (80 à 100 €), lit bébé (2 €/jour), animal de compagnie (2,50 à 3,50 €/jour), électricité (3 à 6 € selon ampérage). Les adultes supplémentaires sont facturés 5 à 6 €, les enfants 3 à 5 €.

Inflation modérée, facture bien réelle

Entre juin 2024 et juin 2025, les prix des campings ont augmenté de 3,5 %, contre 8,4 % pour les hôtels. Une hausse qui prolonge une tendance entamée depuis plusieurs années : +7,2 % en 2022, +3,8 % en 2023, +3,1 % en 2024. Résultat : une semaine de camping coûte 30 % de plus qu’il y a dix ans.

Face à cette pression sur les prix, les vacanciers adaptent leurs comportements. 30 % envisagent d’écourter leur séjour, 70 % de réduire leurs dépenses annexes. Le tourisme de proximité progresse. Les early bookings explosent. Les réservations 2025, relevées fin mars, affichaient une hausse de 6 % sur un an.

Hébergements insolites et confort numérique

La montée en gamme se confirme aussi dans les formes. Lodges boisés, bulles transparentes, tentes safari : les hébergements atypiques prolifèrent. Le haut de gamme s’accompagne d’une digitalisation accélérée : appli mobile, check-in automatisé, wifi haut débit. Et de services hôteliers : spa, restauration, linge fourni.

Le hors saison reste le levier principal d’économie, avec des baisses de 30 à 50 %. Le programme VACAF soutient les familles modestes dans 118 campings partenaires. Certains campings proposent des formules longue durée avantageuses : un mois à partir de 714 € en basse saison. Et pour les campeurs traditionnels, l’emplacement nu, sans piscine, reste l’option la plus économique.

A propos de l'auteur
Florence Thomas

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