Vézelay mise sur le tourisme haut de gamme : l’Hôtel de la Poste incarne cette montée en gamme avec élégance.
Au pied de la basilique Sainte-Marie-Madeleine, l’Hôtel de la Poste et du Lion d’Or s’impose comme l’une des adresses majeures de Vézelay. L’établissement a vu défiler les siècles, les chevaux de poste, les tournages de films et les rénovations de fond. Depuis 2020, il s’est repositionné sur le segment quatre étoiles. Une montée en gamme portée par un choix clair : assumer l’héritage Art Déco tout en misant sur le confort contemporain.
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Une renaissance pensée par une décoratrice locale
L’histoire de l’hôtel est double : deux bâtiments, deux noms — la Poste et le Lion d’Or — fusionnés au fil du temps. Un passé marqué par un épisode devenu central dans la mémoire des lieux : le tournage de La Grande Vadrouille en 1966. Louis de Funès, Bourvil, Gérard Oury et Michelle Morgan y ont séjourné. Des souvenirs que la famille propriétaire continue d’évoquer. Le vrai tournant, c’est 2020. Sous la direction de Laëtitia Charron, l’hôtel entame une rénovation complète. Objectif : valoriser les traces Art Déco découvertes dans l’existant. Résultat : des parties communes repensées, des matériaux locaux mis en avant, un mobilier dessiné sur-mesure et fabriqué par des artisans régionaux.
Un hôtel quatre étoiles entre pierres et silence
Les chambres vont de la Classique à la Junior Suite, entre 15 et 40 m². Toutes climatisées, elles sont équipées d’un plateau de courtoisie, d’un coffre, du Wi-Fi et d’une télévision. Les salles de bain rénovées mêlent ancien et moderne. L’insonorisation reste celle d’un bâtiment ancien : certains clients entendent leurs voisins. Un compromis assumé au nom du caractère historique du lieu.
L’Éternel, le terroir en version gastronomique
L’établissement s’appuie sur un autre pilier : la restauration. Le chef Eric Balan y signe une cuisine locale, personnelle et ambitieuse. Ancien pâtissier, passé chez Veyrat et Ducasse, il privilégie les circuits courts, son potager, ses cueillettes, et travaille avec les producteurs du Morvan. Exemples à la carte : dos de maigre en viennoise d’agrumes, pigeon et purée de betteraves à la fleur d’oranger. Le restaurant est reconnu par le Guide Michelin, le Gault & Millau, et le Collège Culinaire de France. Trois menus sont proposés : Gourmet (64 €), Éternel (80 €), Clin d’œil (120 €).
Salle Art Déco, 60 couverts, terrasses avec vue. Fermeture annuelle du 2 janvier au 13 mars. En mars, fermeture hebdomadaire les lundis et mardis. Proposé à 25 € par personne, le petit déjeuner suscite des réactions partagées. La direction justifie le tarif par la qualité des produits : jus et confitures artisanales, thé Nüshen, chocolat Valrhona, café bio, charcuterie locale, fromages, viennoiseries, fruits frais et secs, œufs à la demande. Une approche qualitative alignée avec le positionnement global de l’établissement.
Vézelay monte en gamme, l’hôtel suit le mouvement
Avec un million de visiteurs par an, Vézelay est le site touristique numéro un de Bourgogne-Franche-Comté. La basilique attire pèlerins et touristes, renforcée par une dynamique touristique régionale en croissance. Le village est en attente du label “Grand Site de France”, porté par une opération de territoire engagée depuis 2011. Le dossier, validé par l’Inspection générale de l’environnement en 2025, pourrait aboutir dans les mois qui viennent. Le vignoble local, lui aussi, remonte la pente. Dévasté par le phylloxéra, relancé dans les années 1970, il a obtenu le label AOC village “Vézelay” en 2017.
Sur 256 hectares, dont un tiers en bio, les vignerons produisent des blancs 100 % Chardonnay. Un atout supplémentaire pour les restaurateurs locaux, dont L’Éternel profite avec une carte des vins locale. Face à des concurrents comme Les Glycines ou SY La Terrasse, le HPLV joue sur plusieurs tableaux : capacité d’accueil avec 39 chambres, offre gastronomique haut de gamme, patrimoine lié au cinéma et à l’histoire locale, et espaces extérieurs valorisés. La stratégie de montée en gamme s’accompagne de tarifs supérieurs à la moyenne locale. Le pari : faire de l’hôtel non plus un simple hébergement, mais une destination à part entière.
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