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Randonnée exceptionnelle aux Dentelles de Montmirail

25/01/2026

Plongez dans une randonnée immersive aux Dentelles : effort, solitude et beauté brute au programme.

Les Dentelles de Montmirail, c’est un théâtre à ciel ouvert, dressé à l’ombre du Ventoux, où la géologie fait dans la dentelle et l’effort s’inscrit dans la pierre. À première vue, une carte postale provençale : vignes bien rangées, garrigue odorante, crêtes spectaculaires. Mais sous ce vernis, un terrain rugueux, technique, parfois impénétrable. La boucle décrite ici – 13 kilomètres, 865 mètres de dénivelé, près de 7 heures de marche – n’a rien d’une aimable promenade dominicale.

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Entre Gigondas et Lafare, le massif s’ordonne en trois dorsales parallèles, ciselées à la verticale. Grimpeurs, traileurs, randonneurs : tout le monde s’y bouscule, surtout vers le col du Cayron. Pour y échapper, l’itinéraire prend le contre-pied. Départ de Gigondas, direction le GR® de Pays (Tour des Dentelles de Montmirail), à rebours. Très vite, la foule s’estompe, le sentier se dérobe. Sous les chênes, une sente discrète s’arrache vers le Rieu, avant de rejoindre une piste, puis un raidillon boisé jusqu’à Tête Vieille. Là, le Ventoux resurgit, témoin silencieux du défi à venir.

Les Dentelles Sarrasines en traversée – l’esthétique du minéral

De Tête Vieille, cap sur les Dentelles Sarrasines, la portion la plus spectaculaire du massif. Le chemin serpente entre deux cols – col du Cayron et col d’Alsau – au ras des parois. Les puristes iront tutoyer la crête, les autres suivront les courbes d’un itinéraire moins aérien mais tout aussi exigeant. Ici, chaque pas se négocie, chaque hésitation se paie.

La Chambre du Turc – passage secret pour jambes sûres

En option : une incartade vers la Chambre du Turc. Cavité cachée dans la falaise, accessible après une cheminée descendante (II/III) et une grimpette en rocher. Niveau requis : lecture de terrain, nerfs solides, corde fixe à appréhender. L’entrée se fait par une rambarde, la sortie par un boyau versant nord, avant un dernier effort jusqu’au Rocher du Turc. La vue est là, certes. Mais le prix à payer – fatigue, exposition, isolement – n’est pas pour tout le monde.

Du chaos au silence : vers le Vallat de l’Aiguille

La suite marque une transition. Brèche en V, falaises secondaires, puis l’itinéraire décroche. Le terrain devient confus, la trace incertaine. Glissades possibles, erreurs de lecture fréquentes. Dans le thalweg du Vallat de l’Aiguille, enfin, le rythme se calme. Le vallon déroule, presque linéaire. Mais l’accalmie est brève.

Cascade de Lafare – un canyon inattendu dans la caillasse

Changement d’ambiance. La cascade de Lafare – si elle coule – tranche net avec le reste du massif. Sentier escarpé, passages câblés, mains utiles. Le lieu, encaissé, presque humide, surprend. Mais il se mérite. Roche glissante, adhérence traîtresse. L’exploration y prend des allures de test d’adhérence.

Sud du Clapis – le détour sauvage

Retour par le haut de la falaise de la Salle. Le chemin bascule en balcon, versant sud du groupe du Clapis. Paysage plus sauvage, solitude plus marquée. Le Pas de la Chèvre passé, le sentier hésite, se faufile, se perd parfois. Puis la face nord s’impose, les grimpeurs réapparaissent. Dernier effort vers le col d’Alsau.

Retour à Gigondas – fin de partie dans les bois

Dernière séquence sur le GR® de Pays. Terrain plus doux, sous-bois apaisant. Mais la fatigue pèse. Le relief n’est plus l’obstacle principal : c’est l’usure, lente, tenace, cumulée. Une boucle où le chiffre ne dit pas tout – le terrain, lui, ne ment jamais.

Ni eau, ni clémence – une boucle à préparer avec sérieux

Pas de fontaine ici. Pas d’échappatoire non plus. Orientation capricieuse, terrain parfois “paumatoire”, météo déterminante. Le randonneur averti emportera 2 à 2,5 litres d’eau, chapeau, crème, lunettes. Et surtout, l’humilité : le massif ne pardonne pas l’improvisation.

Quand partir – ou plutôt quand éviter

Avril à début juin : fenêtre idéale. Ensuite, le four provençal s’installe, et l’accès peut être réglementé. L’automne s’ouvre, mais la chasse impose son rythme – lundis, jeudis, voire plus. Hiver ? Lumière terne, végétation figée.

Chasse : les jours à éviter dans le massif

L’accès aux Dentelles est déconseillé lors des jours de battue. Ils ont lieu les lundis et jeudis du 2e dimanche de septembre au 2e dimanche d’octobre, puis jusqu’au 10 janvier les lundis, mardis, jeudis et vendredis.

Accès à Gigondas : voiture, stationnement, train et bus

Gigondas est desservi par l’A7, avec jonction possible via l’A9 au niveau d’Orange. Plusieurs parkings sont mentionnés dans le village : les deux premiers sont payants, le parking Bacchus est plus grand et gratuit. En mobilité douce, l’accès peut se faire en train jusqu’à Carpentras, puis via la ligne J du réseau TransCove jusqu’à Gigondas.

A propos de l'auteur
Florence Thomas

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