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La Piscine de Roubaix, joyau Art déco devenu musée

22/01/2026

À Roubaix, l’ancienne piscine municipale a changé d’usage mais pas d’âme. Elle s’appelle désormais Musée d’Art et d’Industrie André Diligent. Tout le monde dit simplement « La Piscine ». Le lieu vaut bien le déplacement. Non pas pour une baignade – plus d’eau chlorée depuis 1985 – mais pour une traversée sensible entre patrimoine industriel et création artistique.
L’édifice remonte à l’entre-deux-guerres. Conçue entre 1927 et 1932 par Albert Baert à la demande du maire Jean-Baptiste Lebas, la piscine était un projet social. Un bâtiment Art déco inspiré du plan d’une abbaye cistercienne, pensé pour accueillir toutes les classes sociales. Les roubaisiens s’y retrouvaient, dans une ville marquée par l’industrie textile. Fermée un demi-siècle plus tard, l’infrastructure échappe aux bulldozers. Jean-Paul Philippon orchestre la métamorphose en musée. Ouvert en 2001, le lieu conserve son bassin central, devenu miroir d’eau. L’architecture d’origine est respectée à la lettre.

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Une immersion dans les arts, du textile à la sculpture

Les collections s’organisent autour de cette ancienne nef. Le dialogue entre arts appliqués et beaux-arts structure la visite. Une tissuthèque documente la mémoire textile de la région. Costumes, échantillons, croquis, du Caire copte aux studios de création contemporaine.
Dans les anciens bains, des vitrines serrées présentent des céramiques de Picasso ou Dufy, des verreries de Gallé, des vitraux de Grüber, et quelques bijoux. La sculpture n’est pas en reste, avec un accrochage centré sur la matière – terre, bois, bronze, plâtre. L’atelier reconstitué de Henri Bouchard en impose par sa densité : plus de 1 200 pièces exposées, à l’échelle exacte de son atelier parisien.

Un patrimoine roubaisien mis en récit

Le musée n’efface pas son ancrage local. Une salle entière revient sur l’histoire de Roubaix avec, en point focal, le « Panorama de la Grand Place », peint en 1911. Une autre retrace l’aventure du « Groupe de Roubaix », qui a permis l’essor de l’art contemporain dans la région.

Une visite pensée pour tous les publics

Le lieu ne se contente pas de montrer. Il cherche à faire vivre. Le jardin botanique consacré aux plantes textiles occupe l’ancien cloître. La salle des filtres est devenue boutique. L’ancienne buvette se transforme en salon de thé, avec l’enseigne lilloise Méert aux commandes. Un « Parcours des Cinq Sens », imaginé avec Christian Astuguevieille, permet d’explorer les œuvres autrement – en touchant les textiles, en écoutant des sons, en respirant des correspondances olfactives.
Les familles sont les bienvenues. Tablettes d’enquête, « Malles à Jeux » cachées dans les bancs, ateliers pour enfants. Trois grandes expositions temporaires viennent ponctuer l’année.

A propos de l'auteur
Florence Thomas

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