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Rafting et canyoning : le Verdon plus grand canyon d’Europe

13/01/2026

Le Verdon confirme son statut de référence pour les sports d’eau vive, avec une offre accessible et une fréquentation record.

Le Verdon n’a pas attendu les slogans du tourisme sportif pour s’imposer. En 2026, le plus grand canyon d’Europe continue de creuser son sillon : 25 kilomètres de gorges vertigineuses entre Castellane et le lac de Sainte-Croix, jusqu’à 750 mètres de profondeur, 600 000 visiteurs dans les gorges, 1,2 million sur l’ensemble du territoire. Pas un hasard si le rafting et le canyoning y trouvent un terrain de jeu d’une efficacité redoutable.

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L’adaptation du site est son premier avantage compétitif. À la différence des autres destinations d’eau vive — Ardèche, Tarn, Ubaye —, le Verdon conjugue puissance géologique et diversité d’usages. L’alternance naturelle et maîtrisée des débits, la densité des parcours et leur accessibilité à tous les niveaux en font un cas d’école. Ici, les experts croisent les familles, les sportifs du dimanche côtoient les professionnels aguerris. Pas besoin de transiger sur la qualité.

Castellane, base arrière du rafting et du canyoning

À Castellane, l’organisation s’est industrialisée sans perdre son ancrage local. Ce bourg des Alpes-de-Haute-Provence fait office de capitale du rafting. Les prestataires historiques — Les Guides du Verdon, Rafting Verdon, Montagne & Rivière, Haute Provence Outdoor, Yeti Rafting — y concentrent leurs bases. Le catalogue est complet : rafting, canyoning, aqua-rando, hydrospeed, air-boat. La saison s’étire d’avril à octobre, avec une structuration précise en juillet-août liée aux lâchers d’eau d’EDF.

Ces lâchers sont la clef de voûte du modèle. Les mardis et vendredis, EDF ouvre les vannes du barrage de Chaudanne : débit accru, conditions idéales pour le rafting. Les autres jours, place à l’aqua-rando, version plus douce mais tout aussi immersive, adaptée aux profils débutants ou familiaux. Au printemps, les descentes remontent vers le Haut Verdon, alimenté par la fonte des neiges. Même en cas de sécheresse, l’alternance de parcours maintient l’offre ouverte.

Des tarifs attractifs pour une pratique accessible

Les prix 2026 restent maîtrisés. De 45 à 85 euros selon la durée, la difficulté et la période. En dehors de la haute saison, un parcours Découverte de 8 km revient à 45 euros, quand une Intégrale de 21 km atteint 70 euros. En été, la pression touristique gonfle légèrement les tarifs (50 euros pour un adulte, 45 pour un enfant de 7 à 12 ans sur le Découverte). Le canyoning suit les mêmes lignes de prix : 45 euros pour les débutants (Haut Jabron), jusqu’à 85 euros pour les grandes courses (Riolan, Mainmorte).

Le poids économique est réel. La dernière étude de Provence Alpes Agglomération estime la consommation touristique à 114,5 millions d’euros par an, avec 6 % de l’emploi local lié à cette activité. Les sports de nature génèrent à eux seuls 170 000 sorties annuelles. Les nuitées touristiques atteignaient déjà 1,2 million en 2020, malgré un contexte sanitaire dégradé. En 2023, 48 231 visiteurs ont été renseignés directement par l’office de tourisme, en recul de 11 %, mais avec un profil de plus en plus diversifié : 36 % de couples, 21 % de familles, 30 % d’individuels.

Une clientèle fidèle en quête d’expériences fortes

Le Verdon reste une destination d’abord française (78 %), mais les étrangers y trouvent une place croissante. Allemands, Belges, Néerlandais, Italiens et Britanniques dominent la fréquentation étrangère. Les séjours s’allongent, notamment pour les Néerlandais (9 à 10 nuits en moyenne). Le besoin d’expériences authentiques et locales, accentué par la pandémie, pousse la demande vers des produits plus personnalisés. Le tourisme de masse recule, au profit de micro-aventures et d’une proximité assumée.

L’offre s’ajuste à ces mutations. Les prestataires sont largement professionnels. Le secteur impose des qualifications réglementées. Pour guider un raft : le BPJEPS Canoë-Kayak. Pour encadrer un canyon : le DEJEPS Canyonisme, avec un cursus de 14 mois, plus de 1 200 heures de formation, des recyclages obligatoires. La sécurité suit. Reconnaissance des parcours chaque saison, équipement vérifié, document unique listant les risques, prérequis clairs pour les participants : savoir nager, suivre les consignes, signaler tout problème médical.

Préserver le Verdon sans freiner l’essor touristique

La réglementation environnementale complète le tableau. Depuis 1977, plusieurs décrets et arrêtés inter-préfectoraux encadrent navigation et baignade. Le Verdon est interdit à la baignade hors zones surveillées. Les embarcations motorisées sont limitées, les zones de navigation strictement délimitées. Exemple au pont de Galetas : seuls les canoës et pédalos accèdent aux gorges, les bateaux électriques s’arrêtent à 1,5 km de l’entrée.

La pression touristique, elle, ne faiblit pas. Stationnement saturé autour du lac de Sainte-Croix, pics d’affluence dans le Grand Canyon, risques accrus sur la biodiversité. Le Parc naturel régional du Verdon tente de canaliser. Sa charte 2024-2039 affiche des objectifs de développement durable ambitieux. L’idée : étaler la fréquentation, développer les ailes de saison, préserver les secteurs fragiles. Le schéma touristique 2018-2025 vise une hausse de 20 % des retombées économiques, soit 150 emplois supplémentaires, sans dégrader l’environnement.

La digitalisation accompagne cette montée en gamme. Les plateformes de réservation se généralisent : Verdon Voyages, CheckYeti, Yumping. Les prestataires reçoivent les informations de lâchers d’eau la veille à 18h. Le client est informé en temps réel. L’offre s’élargit aussi : séjours combinés, multi-activités sur 2 à 3 jours, packages pour groupes et entreprises. Une manière de lisser la demande, de monter en valeur ajoutée.

Les événements sportifs ponctuent la saison. En juin 2026 : Raid des Étoiles du Verdon (raid multisport féminin) et Verdon Swim Experience (nage en eau libre), deux compétitions qui dopent les nuitées et renforcent l’image du territoire. Le Raid des Étoiles avait généré plus de 60 000 euros de retombées directes en 2022, hors accompagnants.

Sur l’inclusion, en revanche, les progrès sont lents. Si certains hébergements ont décroché le label Tourisme et Handicap, les activités d’eau vive restent peu accessibles aux personnes à mobilité réduite. Seuls quelques sentiers sont aménagés. Le relief du Verdon, aussi spectaculaire qu’il soit, reste un obstacle physique pour beaucoup.

À l’échelle nationale, la concurrence est dense. L’Ubaye aligne 50 km de rapides, l’Isère propose la plus longue descente de France, l’Allier garantit une pratique sans interruption. En Occitanie, les Gorges du Tarn et de l’Ardèche tiennent leur rang. Mais le Verdon garde un avantage structurel : accessibilité, climat, diversité sur un territoire concentré. Une offre lisible, bien balisée, portée par des professionnels aguerris.

Les voyants sont au vert pour 2026. Les niveaux d’eau sont bons, les réservations ont démarré tôt, la clientèle internationale est en hausse. Les prestataires maintiennent leurs tarifs et leur offre. Mais l’enjeu reste le même : éviter le basculement vers le surtourisme, renforcer la qualité, tenir la ligne d’un tourisme soutenable sur un territoire aussi fragile qu’attractif.

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Florence Thomas

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