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À Saint-Cyr, le musée de Seine-et-Marne fait peau neuve

10/01/2026

Découvrez un musée vivant en Seine-et-Marne : objets anciens, jardin pédagogique et films sur la mémoire rurale.

Le 1er mars 2026, le Musée départemental de la Seine-et-Marne rouvre ses portes. Rien de spectaculaire, mais un vrai retour à l’essentiel. À Saint-Cyr-sur-Morin, dans le creux de la vallée du Petit-Morin, ce musée propose un autre regard sur l’histoire : celui des anonymes, des ruraux, de ceux dont les gestes ont façonné un territoire resté à l’écart de la frénésie urbaine.

Installé dans une ancienne auberge de la Belle Époque, « La Moderne », en pierre meulière locale, le lieu abrite depuis 1995 une collection ethnographique dense et patiemment constituée. On est loin des musées vitrines des métropoles : ici, plus de 20 000 objets collectés racontent l’évolution des modes de vie, du travail, de l’alimentation, de l’immigration. En 2018, le musée a obtenu le label « Patrimoine d’intérêt régional », qui s’ajoute au label « Musée de France ». Preuve d’un ancrage territorial reconnu.

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Un territoire naturel sous haute surveillance

Le musée ne vit pas en vase clos. Il s’insère dans un environnement naturel singulier : la vallée du Petit-Morin, surnommée la Petite Suisse Briarde. Bois, coteaux, biodiversité – 173 espèces d’oiseaux, 200 plantes recensées. Classée Natura 2000, la vallée héberge encore le chabot et la lamproie de planer, deux poissons qui signalent la qualité des eaux. Depuis 2024, elle fait partie du territoire du futur Parc naturel régional Brie et Deux Morin. Un projet qui pourrait bien redonner du souffle à cette partie du département. Le musée, dans ce contexte, devient plus qu’un lieu d’exposition : un témoin actif de la mémoire locale.

Du patrimoine vivant, pas des objets sous cloche

L’héritage des écomusées est ici revendiqué. Le musée ne se contente pas de montrer des objets. Il interroge. Il remet dans leur contexte les instruments du passé. Il filme les gestes, les usages, les environnements. Il documente. La première pierre, c’est la collection Guibert, achetée en 1987 : 3 500 outils, instruments, objets agricoles ou artisanaux, issus de la vie rurale locale. Depuis, la collection s’est enrichie. La vannerie, par exemple, avec ses dix variétés d’osier cultivées dans la vallée. La fabrication du Brie. Le travail du cuir, du bois, du métal. Une histoire en morceaux, mais bien accrochée au territoire.

La visite, elle, commence dehors. Le jardin pédagogique, gratuit, expose plantes utiles et variétés locales d’osier. Un moyen simple d’expliquer ce lien concret entre nature et travail. Puis, au rez-de-chaussée, l’exposition permanente replonge le visiteur dans l’univers rural d’avant les années 1960. Les films tournés par le musée complètent les vitrines. Le premier étage, lui, accueille les expositions temporaires. On y parle société contemporaine ou univers de Pierre Mac Orlan, écrivain aventurier qui vécut plus de 40 ans dans le village voisin.

La salle audiovisuelle sert aussi de point de repère. On y projette des films maison, toujours en lien avec les collections. Et à quelques minutes à pied, la maison de Mac Orlan, labellisée « Maison des Illustres », complète la visite. Préservée dans son jus, elle se découvre uniquement sur réservation, en petits groupes.

Une collection unique autour de Mac Orlan

Le musée détient la première collection publique consacrée à Pierre Mac Orlan, auteur du « Quai des Brumes ». Une programmation régulière met en lumière ses écrits et son parcours. La maison qu’il habita à Saint-Cyr-sur-Morin, fidèlement restaurée, se visite en petit comité, sur réservation. À l’intérieur, les meubles d’origine, les objets personnels, sa voix enregistrée. Une plongée dans l’intimité d’un écrivain à l’œuvre à contre-courant.

Un lieu pensé pour les enfants aussi

Côté enfants, l’offre est pensée en détail. Livrets-jeux, dispositifs interactifs, coin détente. Le musée ne cherche pas à impressionner mais à faire comprendre, à susciter l’envie d’en savoir plus. Une salle entière est dédiée au jeune public. Ateliers de jus de pomme, jeux de piste façon Cluedo, fête des vanniers : la programmation s’appuie sur l’artisanat et les savoir-faire. C’est local, modeste, mais bien ciblé.

L’établissement rouvre donc le 1er mars 2026 après sa fermeture hivernale. Horaires en semaine, fermeture le samedi, rien de très souple. Mais les groupes peuvent être accueillis même pendant l’hiver. Tarifs contenus : de 3 à 7 euros. Gratuité pour les Seine-et-Marnais munis de la carte Balad’Pass. Des prix bas, à l’image du lieu : accessible, sans tape-à-l’œil, mais enraciné.

A propos de l'auteur
Florence Thomas

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