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Découvrez les secrets du Château des Ducs de Bretagne

06/01/2026

Le Château des Ducs de Bretagne, au cœur de Nantes, incarne à lui seul l’histoire mouvementée d’une région entre indépendance bretonne et rattachement royal.

Au cœur de Nantes, entre les voies du tramway et les lignes de tension du débat breton, le Château des Ducs de Bretagne s’impose. Épine dorsale du centre historique, l’édifice dialogue avec la cathédrale voisine. Pendant des siècles, il a symbolisé le pouvoir dans une région longtemps indécise sur son destin administratif. Aujourd’hui, il exhibe sans complexe son ambivalence : l’austérité des remparts d’un côté, la grâce d’un palais de l’autre.

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Aux origines, un bastion sur des ruines antiques

Le socle est antique. Il faut descendre quelques siècles pour trouver la première strate : une muraille gallo-romaine, vestige de la cité des Namnètes, sur laquelle Guy de Thouars lance en 1207 une première construction. Le « Chastel de la Tour Neuve » ne résistera pas au temps. Il sera entièrement remplacé au XVe siècle.

1466, tournant stratégique. François II, duc de Bretagne, entame la construction d’une forteresse capable de résister aux pressions du pouvoir royal français. L’objectif est clair : défendre la Bretagne indépendante tout en abritant une cour digne de ce nom. Deux ambitions dans une même structure. Le choix des matériaux suit cette logique : granit et schiste pour l’extérieur, cinq cents mètres de remparts, sept tours, des courtines en enfilade. Une citadelle dans la ville.

Anne de Bretagne, entre guerre et élégance

Sa fille Anne de Bretagne poursuivra l’œuvre. Elle renforce la défense côté Loire avec la Tour du Fer à Cheval, architecture pensée pour l’artillerie. Mais elle ne s’en tient pas à la guerre. Le pont-levis passé, la cour intérieure change de ton. Les façades éclatent de blancheur : ici le tuffeau, pierre tendre de la Loire, donne au lieu sa dimension résidentielle. Le gothique flamboyant y croise déjà les premières touches de la Renaissance italienne. Les lucarnes du Grand Logis, les loggias de la tour de la Couronne d’Or racontent un goût du détail sculpté qui tranche avec la rudesse des défenses.

Anne de Bretagne reste l’image centrale du lieu. Deux fois reine de France, figure de la diplomatie dynastique. Sa fille Claude de France, épouse de François Ier, ajoute sa pierre à l’édifice : le Logis du Roy, futur Petit Gouvernement, prolonge l’évolution du château vers une résidence royale.

Un château royal, puis militaire, puis oublié

Le basculement s’officialise en 1532. Le rattachement définitif de la Bretagne à la France transforme le château en résidence pour les rois de France. En 1598, Henri IV y signe l’édit de Nantes. Le symbole est fort. Mais les fonctions changent. Au fil des siècles, le bâtiment perd son faste : il devient caserne, arsenal, prison. Trois cents ans de déclassement. L’occupation allemande ajoute un bunker dans la cour, béton contre pierre de tuffeau.

Un musée pour réconcilier passé et mémoire

La renaissance commence au XIXe siècle. Classé Monument historique en 1862, cédé à la Ville de Nantes en 1915, le château attendra les années 1990 pour une restauration de fond. Campanile, flèches, façades : tout est repris. En 2007, le Musée d’histoire de Nantes ouvre ses portes. Plus de 32 000 objets y sont exposés, répartis en six collections thématiques. On y lit l’histoire d’une ville qui fut portuaire, industrielle, coloniale. Et l’on comprend, à travers les strates de pierre et les contradictions du lieu, que le Château des Ducs est bien plus qu’un monument : une mise en scène du pouvoir dans la durée.

Informations pratiques :
• Adresse : 4, place Marc Elder, 44000 Nantes
• Enceinte : Ouverte tous les jours de 8h30 à 19h (jusqu’à 20h en juillet et août)
• Musée : 10h–18h, fermé le lundi hors saison estivale

A propos de l'auteur
Julie Larmand

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